Articles

Ta délivrance, ma souffrance - CHAPITRE 19

Image
  19. Breaking The Habit Mars J’ai tellement de colère en moi mais je ne peux pas l’exprimer. Je ne peux absolument pas prendre le risque que ma mère me méprise plus. J’ai déjà l’air d’une idiote à ses yeux… et à mes yeux. Cette colère bouille en moi, c’est chaud, elle me brûle, mais je la laisse à l’intérieur. Elle ne sortira jamais, j’ai le plein contrôle dessus, même si elle me fait souffrir. Je m’isole dans ma chambre. Je mets mes écouteurs et la musique forte retentit dans mes oreilles. Je dois canaliser ces émotions dévastatrices par le rock. Les larmes commencent à jaillir de mes yeux. C’est chaud dans ma gorge. C’est coincé mais ça se décoince grâce aux larmes. Malheureusement, je ne peux pas dire que je me sens soulagée, je me sens si minable de pleurer. J’ai l’impression de ne faire que ça. Ma mère travaille dans son bureau. Mon frère écoute la télévision en bas, dans le salon. J’aimerais disparaître, ne plus rien ressentir, simplement, ne plus être. Mathias s’est suicidé...

Ta délivrance, ma souffrance - CHAPITRE 17 et 18

Image
    17. Boulevard of Broken Dreams Février Je me réveille en sursaut, encore une fois. Je suis complètement trempée, mon pyjama me colle à la peau. C’est dégueulasse. Je suis troublée par mon rêve. J’étais dans la rue en pleine nuit. Mathias se trouvait soudainement devant moi. Il était debout, planté tout droit et me regardait comme s'il n’avait pas d’âme. Son cou était marqué d’une énorme cicatrice rouge due à la pendaison. Cette vision me fout la chair de poule. Pourquoi j’ai fait un rêve aussi glauque? Mathias, arrête de m'ébranler comme ça. Fous-moi la paix. Tu es tellement tordu d’avoir fait ça. En déjeunant ce matin, je fais un tour sur la page Facebook Hommage à Mathias Renaud. Une nouvelle publication attire mon attention. {Tu fêterais tes 17 ans aujourd’hui. Joyeux anniversaire petit ange. Veille sur nous de là-haut} J’avais oublié quand était son anniversaire. Cette nouvelle me rend triste. Je retourne voir quelques-unes de ses photos pour essayer de sentir sa prése...

Ta délivrance, ma souffrance - CHAPITRE 16

Image
  16. One Step Closer Février Samedi monotone. Ma mère travaille. Mon frère a été invité à passer la journée chez William. Environ une heure après son départ, Rose m’a informée par texto qu’elle s’est jointe à eux et pour le coup, m’a demandé si je voulais venir aussi. J’ai feins avoir mal dormi cette nuit et avoir besoin de repos. Ce qui n’est pas si mensonger en fin de compte. Je commence à faire de plus en plus de cauchemars. Je ne perds pas beaucoup d’heures de sommeil, mais ce dernier en devient tout de même perturbé, et je peux me réveiller plusieurs fois en quelques heures. Je ne me rappelle plus à quoi j’ai rêvé la nuit dernière, mais je me suis réveillée vers trois heures et mon coeur battait tellement fort contre mon matelas que mon lit était pris de secousses. Les blessures sur mon bras guérissent au fil des jours. Elles sont plus pâles qu’il y a une semaine. Heureusement, personne ne les a vues : l'avantage de porter des manches longues l’hiver. Je trouve que ces blessu...

Ta délivrance, ma souffrance - CHAPITRE 15

Image
  15. Crawling Janvier Je suis dans ma maison. Je remarque à travers la fenêtre que le vent se lève. Les minutes passent. Le vent devient de plus en plus fort. On dirait qu’un cyclone apparaît au loin, à l'horizon. Je vais voir dans les fenêtres près de la porte d’entrée. Le décor n’a rien à voir avec le quartier que je connais. Je vois des espèces de gratte-ciel au loin. Le vent est violent, un brouillard s'épaissit à vue d'œil. Une tempête de sable fait rage. Tout est vert dehors. Des projectiles tombent violemment du ciel. Ce n’est pas clair s’il s’agit de bombe ou de météorites. Elles détruisent les gratte-ciels un par un. Ce n’est qu’une question de secondes avant que ce soit notre maison qui se fasse détruire. En panique, je me retourne vers ma mère qui est assise sur le divan. - Maman!! On va se faire bombarder. Elle reste impassible, les yeux rivés sur son téléphone. - MAMAN! - Mmh… - Ça s’approche de nous, lui crie-je plus fort. - Attends, me dit-elle de manière pr...

Ta délivrance, ma souffrance - CHAPITRE 14

Image
  14. I’m Just a Kid Janvier Depuis la nouvelle année, notre professeur de mathématiques nous noie dans les devoirs. Je commence à en avoir assez de ses documents qui n’en finissent plus. Je suis sur le point de devenir agressive. Avant que la cloche ne sonne, les filles et moi attendons à côté du local. Le professeur n’est pas encore arrivé pour nous déverrouiller la porte. - Je n’en peux plus des devoirs de Sylvain, soupiré-je en classant mes documents de mathématiques. Je suis presqu’en train de regretter d’avoir pris mes maths fortes. - Ah mais tellement, confirme Flavie. Il veut qu’on haïsse les maths. - M’en parlez pas, ajoute Rose. C’est la pire matière. - En tout cas Flav, dis-je en me tournant vers elle, je ne sais vraiment pas comment tu arrives à faire ta chimie et ta physique en plus du cours de Sylvain. - Moi non plus. On pouffe de rire. T’es chanceux Mathias. Tu n’as plus à te casser la tête avec l’école. Je me fends le cul avec les cours sans savoir où ça va réellem...

Ta délivrance, ma souffrance - CHAPITRE 13

Image
    13. Welcome To My Life Janvier J’ignore si la reprise des cours est un soulagement ou un poids de plus sur mes épaules. Il fait un froid d’enfer. Aller à l’école à pied, ce matin, ne fait que m'enrager. Je traîne le pas jusqu’à mon casier et je m'affale par la suite contre un mur du corridor. Après quelques minutes à fixer le vide, je suis rejointe par Rose qui s’assoie brusquement à côté de moi. - Enfin je te vois, s’exclame-t-elle soulagée. - Je t’ai manquée? dis-je le sourire en coin. - Certain. J’avais besoin de te voir. Je n’en pouvais plus d’être en vacances avec ma famille. Quand on est trop longtemps ensemble à la maison, ma mère se met à me faire des reproches à la pelle. Ces derniers jours, elle était tout le temps sur mon dos.  - Comment ça? Qu’est-ce qu’elle te disait? - Des conneries, se choque-t-elle. « T’as pas ramassé ci, tu ne fais rien de bien »… Je n’en pouvais plus. Ce n’était plus vivable. Vivement que l’école recommence.  - Elle est ben chia...